Raodath Aminou : “il faut oser, prendre des risques et ne pas chercher d’excuses !”

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photo portraitRaodath Aminou est co-fondatrice et CEO d’OptiMiam. OptiMiam est fondé sur un système gagnant-gagnant grâce auquel les commerçants réduisent leurs gâchis et leurs manques à gagner en vendant à temps leurs excédents alimentaires ; et les consommateurs se nourrissent moins cher tout en protégeant la planète. OptiMiam est une application mobile géolocalisée et conçue comme une Market Place connectant en temps réel consommateurs et commerçants. Actuellement développée à l’incubateur HEC et The Cantillon, l’application a déjà remportée 5 prix en 5 mois ! L’application Android sera disponible dès ce matin et téléchargeable gratuitement.

Nous avons échangé avec elle sur l’origine de la création d’OptiMiam, les étapes qu’elle a eu à franchir lors la création de sa société et ses conseils pour les femmes qui souhaitent créer leur entreprise.

TNW : Quel métier avez-vous exercé avant de vous lancer dans l’entrepreneuriat ? Pourquoi avez-vous décidé de changer de vie professionnelle ?

RA : Après 2 ans d’expérience professionnelle, j’ai décidé de tout plaquer et de me lancer dans l’entrepreneuriat. J’étais Business Analyste chez Edmond de Rothshild Asset Management et j’ai décidé de m’arrêter pour réaliser mon propre projet professionnel. Pour bien faire les choses, je me suis spécialisée en suivant un Master “Innovation et Economie Numérique” à l’Ecole Polytechnique pour lequel j’avais un projet d’étude à développer, qui est devenu par la suite OptiMiam.

TNW : Comment avez-vous eu l’idée de créer OptiMiam?

RA : Quand on ne cherche pas, l’idée vient d’elle-même. C’était un jour comme un autre, j’étais en train de faire mes courses. Dans un centre commercial j’ai rencontré un traiteur japonais en pleine promotion. Curieuse, je lui ai demandé pourquoi tous ses produits étaient en promotion. Il m’a répondu qu’il avait peu de clients ce jour-là car il faisait mauvais dehors. Pour cette raison, il avait diminué les prix de ses produits car il préférait vendre moins cher ses produits frais plutôt que de les jeter et ainsi éviter le gâchis. Par contre, il n’avait aucun moyen de communiquer sur ses promotions. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de créer une application anti-gaspillage ayant pour but d’alerter les consommateurs des promotions et d’aider les commerçants à vendre leurs produits. Une fois l’idée venue, je l’ai « pitché » lors d’un weekend dédié aux startups, organisé en mars 2014. Mon projet a été bien reçu et 10 personnes m’ont rejoint pour le développer. Au final, nous sommes une équipe de 3 fondateurs ; Alexandre Bellage est mon associé commercial et Michael Labrut est associé technique.

TNW : Qu’est-ce vous avez appris au cours de la création de votre entreprise?

RA : En ce qui concerne le lancement du projet, j’étais étonnée par le soutien et l’aide que j’ai reçus d’autres personnes. Les gens sont prêts à vous soutenir dans votre projet, ce qui est vraiment génial. Il ne faut pas garder son projet dans un coin. Il faut avoir confiance et oser !

Pour ce qui est du développement commercial, il faut inciter le commerçant et expliquer ce qu’OptiMiam peut lui apporter. Au premier abord, le commerçant est réticent car il a ses habitudes. On constate que le consommateur est séduit par notre idée une fois qu’il a compris ce qu’OptiMiam fait pour lui (produits moins chers, éviter le gâchis).

TNW : Quel est votre business model ? 

RA : Ce qui plaît, c’est le partage de promotions entre le consommateur et le commerçant ainsi que le concept de responsabilité. L’idée satisfait tout le monde et tous les acteurs en profitent.

Le business model est très simple. Le commerçant a un espace payant sur OptiMiam pour présenter ses promotions. L’application est gratuite pour le consommateur. Nous sommes actuellement en train de faire un « pilot » pour lequel participent 10 commerçants dans le 5ème arrondissement. Le « pilot » durera 2 à 3 mois et une fois validée, nous allons développer l’application et attirer d’autres commerçants.

TNW : Quels sont vos projets (de développement) pour les mois à venir?

RA : L’idée est d’attirer plus de commerçants et de consommateurs une fois que notre « pilot » est validé. Après, l’idée sera de lever des fonds pour recruter et agrandir l’entreprise.

TNW : Comment vous différenciez-vous par rapport à la concurrence? 

RA : Nous n’avons pas vraiment de concurrents mais il existe des services complémentaires. Ces services se concentrent plutôt sur les grandes enseignes. OptiMiam se focalise surtout sur le commerce de proximité et cible les étudiants car ils ont des budgets restreints, des horaires flexibles et sont connectés.

TNW : Quelle est votre plus grande réussite jusqu’à présent (dans votre business) ? 

RA : Mes réussites sont le parcours de mise en place, les concours, mes associés, la communauté qui est déjà en place. En ce qui concerne les concours, OptiMiam a participé à de nombreux concours et a gagné 5 prix en 5 mois : Lauréat “Start-up Weekend Polytechnique” (Ecole Polytechnique), Meilleure “Start-up Emergence service BtoC” (HEC Paris), Meilleur Pitch (Dauphine Paris), Meilleur pitch “Adopt a CTO” (Le camping) et finaliste “Hack4France” – Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat chargé de l’économie Numérique.

TNW : Quels sont vos conseils pour les femmes qui souhaitent créer leur entreprise? 

RA : Aujourd’hui il y a moins de femmes que d’hommes dans l’entrepreneuriat. En ce qui me concerne, j’ai pris le risque de faire mon propre projet. Je pense qu’il faut tout simplement oser, prendre des risques et ne pas chercher d’excuses.

TNW : Souhaitez-vous ajouter quelque chose? 

RA : Oui, OptiMiam est disponible en téléchargement gratuit sur l’Appstore. N’hésitez pas à la télécharger ! L’application Android sera disponible dès ce matin et également téléchargeable gratuitement.