Pauline Laineau révolutionne la joaillerie avec Gemmyo

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Pauline LaigneauPauline Laineau, co-fondatrice de Gemmyo, devait devenir professeur lorsqu’elle s’est peu à peu rendu compte que sa vocation n’était pas l’enseignement mais la création d’entreprise. Elle décide que l’entrepreneuriat est la meilleure façon de donner vie à ses rêves et se lance dans Gemmyo en juin 2011 avec Charif Debs, Fanny Boucher et Malek Debs. Gemmyo appartient à une nouvelle génération de marques qui apportent un souffle de modernité aux savoir-faire traditionnels. Avec ses milliers de créations disponibles, une fabrication dans les meilleurs ateliers français, un service clientèle chaleureux et le confort d’un achat en ligne, la marque est régulièrement plébiscitée dans la presse comme symbole du renouveau de la joaillerie.

Nous avons échangé avec Pauline Laigneau sur l’origine de la création de Gemmyo, les étapes qu’elle a eu à franchir lors la création de sa société et ses conseils pour les femmes qui souhaitent créer leur entreprise.

TNW : Comment avez-vous eu l’idée de créer Gemmyo ?

PL : L’idée m’est venue lors de mes fiançailles alors que mon mari et moi faisions le tour des boutiques pour trouver le bijou qu’il fallait. Nous avons tout d’abord été déçus par l’accueil dans les boutiques qui n’était pas très chaleureux. Ensuite, contrairement à nos attentes, le choix était restreint et les créations classiques. Enfin, les prix étaient élevés. Nous avons été surpris de découvrir que le marché de la joaillerie était si peu moderne et nous nous sommes dit qu’il y avait la possibilité de développer quelque chose dans ce domaine. Et c’est ainsi que l’idée de Gemmyo est née, il y a trois ans.

Gemmyo est une marque moderne propose des bijoux personnalisables (choix de 15 pierres différentes et uniques), sur mesure, en vente sur internet uniquement. Gemmyo cible un public cherchant de la qualité à des prix abordables, un savoir-faire de qualité, une expérience agréable, jeune et ludique. Quant aux tarifs, qui sont normalement très élevés pour ces articles de luxe, l’entreprise parvient à les réduire lors de la fabrication des modèles des bijoux par l’utilisation l’impression 3D, très réaliste. Elle n’a ainsi pas de stocks onéreux, ni de réseau de boutiques à développer.

TNW : Qu’avez-vous appris au cours de la création de votre entreprise ?

PL : Ce que j’ai appris, c’est que l’équipe et en particulier les fondateurs sont très importants pour le développement et la réussite de l’entreprise. Chez Gemmyo, nous avons une confiance absolue dans notre projet, ce qui est notre force. J’ai également dû apprendre à gérer mes vies professionnelle et privée. Je crois que beaucoup de femmes appréhendent à créer leur propre entreprise car elles ont peur de ne pas trouver le bon équilibre entre les deux. En réalité, si on y arrive, on en devient encore plus épanouie.

L'équipe GemmyoTNW : Quels sont les points forts de votre business? Quel est votre business model ?

PL : Ce qui coûte le plus cher dans la joaillerie, c’est le point de vente, généralement situé dans des lieux prestigieux telle la place Vendôme, à Paris. Le stock également, car les matières premières sont très onéreuses et demandent des mesures de sécurité très coûteuses. En vendant sur le Web, Gemmyo se passe de points de vente, et avec l’impression 3D, n’a pas besoin de stock. Un tel fonctionnement permet à Gemmyo d’afficher, selon ses fondateurs, des tarifs inférieurs de 30 à 40 % à ceux pratiqués par les joailliers traditionnels. De plus, nous achetons les pierres et l’or après que l’internaute ait passé sa commande et l’ait payée, ce qui permet à Gemmyo de fonctionner avec un BFR (besoin en fonds de roulement) négatif.

TNW : Quels sont vos projets (de développement) pour les mois à venir ?

PL : A court terme Gemmyo se concentre sur la campagne de fin d’année ; la période de la fin d’année est importante pour nous. A moyen terme nous avons l’intention de nous développer à l’international, en commençant par l’Angleterre début 2015. Et nous avons également le projet de présenter nos bijoux en enseigne, dans les boutiques existantes et d’autres distributeurs.

TNW : Comment vous différenciez-vous par rapport à la concurrence ?

PL : Nous n’avons pas de concurrent direct aujourd’hui. Personne n’a tout à fait développé de concept de ce type. D’un côté, il y a des boutiques ciblant le bas ou le milieu de gamme, vendant des bijoux moins précieux. Nous ne sommes pas vraiment en concurrence avec elles car nous vendons notre propre design de bijoux. De l’autre côté, il y a les marques de luxe, comme Cartier, Mauboussin, et c’est plutôt avec elles que nous sommes en concurrence, mais nous n’avons pas la même cible. Gemmyo crée des bijoux pour la clientèle française qui veulent accéder à des produits de luxe sans se ruiner. Deux études réalisées en France démontrent que pour 90% des Français le luxe a une connotation « bling bling » et que pour 84% des Français (sur un panel de 1000 personnes) pensent que le luxe n’est pas pour eux et qu’il est destiné exclusivement aux étrangers. C’est cette audience que Gemmyo vise et veut attirer, contrairement aux marques de luxe classiques.

TNW : Quelle est votre plus grande réussite jusqu’à présent (dans votre business) ?

PL : C’est d’avoir changé de vie et de m’être lancer dans l’entrepreneuriat. Mes parents m’ont toujours dit de faire des études. Cela ne me convenait pas mais j’ai tout de même tenté de me lancer dans un cursus d’études supérieures. Lorsque j’ai passé le « grand oral » à l’ENA, je croyais avoir réussi, mais j’ai obtenu un 2/20 ! Le jury n’a pas du tout apprécié ma prestation et m’a dit que je n’étais pas fait pour ça. J’ai alors eu un énorme choc. Je me suis donc posée la question de ce que je souhaitais devenir dans la vie. Mon père est entrepreneur et j’ai découvert que comme lui je voulais créer ma boîte. J’aspirai à l’aventure. Peu après, j’ai créé ma société avec mon mari.

TNW : Quels sont vos conseils pour les femmes qui souhaitent créer leur entreprise?

PL : Il faut apprendre à identifier le risque et se faire confiance. Il ne faut pas être paralysé par le risque, même lorsque l’on se trompe, car sinon, on risque de stagner. Regardez le risque et allez-y quand même !

Aujourd’hui trop de femmes sont réservées. Elles doivent s’écouter un peu plus. Dans mon entourage par exemple, les femmes ont parfois de la retenue à dire ce qu’elles pensent ou craignent de ne pas l’exprimer correctement. Il faut suivre son instinct.

TNW : Souhaitez-vous ajouter quelque chose?

PL : Oui. Le livre de Sheryl Sandberg* m’a énormément inspiré. Tout le monde doit lire ce livre. Je trouve que personne en Europe ou en France n’incarne cet esprit aujourd’hui. On a besoin de femmes jeunes et dynamiques qui donnent envie de se lancer dans l’entrepreneuriat !

*Sheryl Sandberg, COO de Facebook, a sorti son livre “Lean In” en 2013. Elle y analyse les raisons pour lesquelles, en dépit de toutes les avancées féministes du XXe siècle, les femmes occidentales d’aujourd’hui ne parviennent toujours pas à être considérées comme les égales des hommes sur leur lieu de travail, ce qui les freine dans leur accès aux postes de direction.