Mylène Aboukrat, co-fondatrice de Kamden Media, l’agence social média à taille humaine

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SONY DSCAprès son diplôme à SciencesPo Paris, Mylène Aboukrat a démarré sa carrière en Marketing Digital chez Orangina Schweppes, après un court passage en agence de publicité à New-York. Elle a ensuite rejoint le label de musique Believe Digital en tant que Social Media Manager, puis elle a exercé comme consultante indépendante avant de fonder Kamden en 2012. Elle aime mêler créativité et réflexion, c’est pourquoi elle est en charge de la définition des stratégies digitales et éditoriales ainsi que de la gestion de projet pour ses clients.

Nous avons parlé avec elle de son idée de créer Kamden Media, ce qui été le plus difficile durant la création de son entreprise et puis nous lui avons demandé ses conseils pour les femmes qui souhaitent créer leur entreprise.

TNW : Comment avez-vous eu l’idée de créer Kamden Media? A quel moment avez-vous pris la décision de vous lancer dans l’aventure?

MA : Depuis que je suis etudiante, j’avais toujours voulu me lancer dans l’entrepreneuriat. J’ai eu des tonnes d’idées de business pendant mes études, mais je n’ai jamais rien concrétisé, faute de moyens, d’associés éventuels mais surtout de confiance en ma capacité à les mener à bien. Et finalement, l’idée de Kamden Media s’est imposée à moi très simplement et très progressivement. A la sortie de mes études, je me suis résignée à être salariée. Passionnée par le marketing digital, j’ai toujours été très active sur les réseaux sociaux, je lis beaucoup de blogs… De plus de ma formation en marketing « traditionnel » à SciencesPo, je me suis auto-formée par curiosité sur le digital. Donc j’ai logiquement commencé par un stage au marketing digital chez Orangina Schweppes avant de me faire embaucher au Social Media pour le label de musique Believe Media. En parallèle, je me suis créé un CV en ligne pour mettre en avant mes compétences, et j’ai commencé à recevoir des demandes pour des missions en freelance, en tant que Community Manager ou Digital Planneur. J’ai commencé à faire de la formation pour des agences ou annonceurs qui avaient besoin de se mettre à jour sur les enjeux du numérique et les outils digitaux. Au bout d’un moment, la demande étant croissante, j’en ai eu marre de travailler les soirs et week-ends, il fallait que je fasse un choix alors j’ai décidé de foncer : j’ai quitté mon job après seulement quelque mois, pour me lancer à mon compte. J’ai eu la chance d’arriver assez tôt sur ce nouveau métier et de me faire systématiquement recommander par mes clients, alors mon activité de consultante a vite décollé, et j’ai réalisé qu’il fallait que je crée un véritable structure. Au bout d’un an, j’ai donc créé Kamden Media avec mon associé Cyril Belaïch. L’agence a aujourd’hui un peu plus de deux ans.”

TNW : Qu’est-ce qui a été le plus difficile, le plus sympathique et le plus formateur durant la création de votre entreprise?

MA : La création en elle-même n’a pas été réellement compliquée dans la mesure où c’était la suite logique de mon activité de consultante. En revanche, c’est après que tout est devenu plus ambitieux et donc plus challengeant : organiser les compétences, recruter des profils qualifiés, trouver de nouveaux clients, gérer la société…

Le plus difficile, à la création, fut de choisir un positionnement : est-ce que l’idée d’une agence spécifiquement dédiée au secteur de l’entertainment ne nous fermerait pas des portes ? Sachant que même si je suis une passionnée de divertissement, il y a d’autres secteurs connexes, liés aux loisirs ou à la mode, sur lesquels j’aurais été intéressée d’intervenir. Nous avons décidé de garder ce positionnement dans un premier temps, et puis au fil du temps et des opportunités, l’agence est progressivement devenue un peu plus généraliste, même si elle garde cet ADN « entertainment ». Et aujourd’hui, le plus difficile c’est définitivement le recrutement.

Enfin, pour évoquer le plus sympathique : le plus sympathique, à la création, fut ce sentiment de liberté et d’accomplissement qui accompagne le démarrage d’une nouvelle aventure. L’épanouissement créatif aussi que procure le lancement de son propre projet. Il y a beaucoup à faire et c’est motivant. On y pense jour et nuit, on a une motivation sans faille ! Ensuite, au quotidien, c’est passionnant d’avoir une relation individualisée avec chaque client, et de passer d’un projet à l’autre en permanence, d’avoir chaque jour un nouveau challenge.

TNW: Quels sont les points forts de votre business? Quel est votre business model ?

MA : Déjà, les deux fondateurs sont jeunes (26 ans pour ma part et 28 ans pour mon associé) et proches des réalités du terrain. En tant que digital natives, nous sommes constamment en veille sur les innovations du secteur, touches-à-tout, et capable de nous adapter très rapdiment et apporter un regard frais pour proposer à nos clients des idées modernes et « out of the box ». Nous sommes très actifs sur le web et avons une bonne connaissance de la blogosphère, nous sommes proches des blogueurs qui part la plupart sont de notre génération et avec qui nous avons de bonnes relations. Pour nous le digital, c’est quelque chose de très naturel, à l’heure où pour certaines agences traditionnelles, ces changements font peur et il faut s’adapter. Nous, on a toujours « consommé » du digital, et on a décidé d’en faire notre business.

Par ailleurs, l’analyse stratégique est une partie importante de ce que l’on fait. Nous nous définissions à la fois comme un mini cabinet de conseil pour accompagner nos clients sur leurs stratégies et leur planning digital et leur proposer du coaching et des formations, d’autre part comme une agence de communication opérationnelle pour gérer la mise en œuvre de leurs campagnes sur les réseaux sociaux.

Enfin, la flexibilité de notre petite structure en fait sa force : nous pouvons fédérer autour de nous des équipes de taille modulable en fonction des projets de nos clients. Cela nous permet de proposer un travail de qualité avec des experts, tout en étant compétitifs et très réactifs. Et la taille humaine fait que les deux fondateurs sont en contact direct avec les clients sur tous les projets, pour être au plus proche de leurs problématiques et proposer une relation client personnalisé.

TNW : Comment vous différenciez-vous par rapport à la concurrence?

MA : Nous n’avons rien inventé puisqu’aujourd’hui énormément d’agences font notre métier, mais je dirais que c’est notre vision, notre implication et nos méthodes qui font la différence. Notre taille humaine et le fonctionnement ‘agile’ adapté aux projets, un modèle efficace qui pour l’instant a fait ses preuves, nos clients sont satisfaits. Ils apprécient le fait de pouvoir nous joindre quand ils veulent et de nous savoir constamment à leur écoute. D’autre part, notre positionnement ancré autour des secteurs du divertissement, de la mode et des loisirs. Nous aimons travailler sur des thématiques qui nous passionnent et des sujets dans l’air du temps. Donc même si progressivement, on s’est ouverts à des thématiques plus institutionnelles, on reste avant tout spécialisés dans l’Entertainment, avec une bonne expérience à revendre là-dessus. Enfin, notre volonté d’avoir toujours un temps d’avance, de se réinventer, de faire les choses différemment. On est en perpétuelle recherche de la « next big thing » qui va faire mouche auprès de nos clients.

TNW : Quels sont vos conseils pour les femmes qui souhaitent créer leur entreprise?

MA : Souvent, lorsqu’on demande à un entrepreneur ses conseils, on entend souvent « foncez, croyez en vos rêves, faites ce qui vous passionne ». C’est toujours facile à dire, mais pas autant à appliquer ! Pour ma part, je serais plus terre-à-terre en disant que c’est bien de foncer, mais ce n’est pas plus mal non plus de demander conseil à son entourage, avoir une vision à long terme, faire un business plan avant de se lancer, opter pour une prise de risque calculée, mêlant l’intuition à la raison. Après, il ne faut pas trop se poser de questions non plus et se faire une minimum confiance, sinon on ne fera jamais rien ! Il faut avoir le courage d’aller au bout de ses idées et de les défendre.

Sinon spécifiquement en tant que femme, je pense que la plus grosse difficulté à laquelle j’ai pu etre confrontée, est celle de devoir m’imposer face à des clients bien plus âgés que moi et parfois un peu machos sur les bords, qui pensaient tout savoir mieux que moi. Pour éviter ça, il faut savoir faire preuve de fermeté tout en restant souple, ça s’apprend. Sinon être franche et directe avec tout le monde (clients comme collaborateurs), ça fait gagner du temps, les gens comprennent où vous voulez aller et ça les rassure.

Par ailleurs, un avantage de l’entrepreneuriat féminin : les nombreuses initiatives pour le promouvoir et les nombreux réseaux existants. Bon je dis ça mais je n’ai moi-même jamais exploité ça, mais je pense que c’est dommage et que je devrais. Il faut profiter en tant que femme de cette solidarité de l’entrepreneuriat féminin, intégrer des réseaux qui peuvent nous aider à se propulser et bien s’entourer.

Et dernier conseil, sans doute le plus important : savoir s’adapter. La réussite d’un entrepreneur passe par sa capacité à constamment anticiper le prochain coup. Comme le dit Albert Einstein, la mesure de l’intelligence se mesure à notre capacité à changer. Faire preuve de suffisamment d’humilité pour faire évoluer son produit ou son business model, sentir le vent tourner, voir loin et ne pas se reposer sur ses lauriers !

TNW : Souhaitez-vous ajouter quelque chose?

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