L’évolution professionnelle des femmes en péril en Europe et aux Etats-Unis

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Pict1Bien que le nombre de femmes actives occupant des postes de haut niveau n’ait cessé d’augmenter, leur présence risque de stagner au cours des prochaines années. C’est ce que révèle l’étude mondiale de Mercer, When Women Thrive, à propos de leur représentation, leur fidélisation et leurs opportunités d’évolution dans les entreprises.

Statu quo dans l’égalité des sexes pour la prochaine décennie

Selon l’étude* menée par Mercer, les femmes représenteront d’ici 10 ans 37 % de l’effectif des fonctions « cadre » et « senior management » au niveau européen, soit aucune évolution certaine par rapport à 2015.

En revanche, leur proportion aux postes de direction augmentera en passant de 21 % en 2015 à 33 % en 2025, si les entreprises maintiennent la dynamique actuelle. Cette hausse vient en partie du fait que celles-ci se sont explicitement engagées à embaucher des femmes à des fonctions de haut niveau, notamment grâce aux quotas. On constate en effet que ce sont dans les pays où ils ont été adoptés (prévus par la loi ou optionnels)  qu’on a vu les plus grands progrès vers la représentation égale des deux sexes.

« Dans la plupart des pays en Europe, les quotas ont sérieusement stimulé la présence féminine aux fonctions de management et de haut niveau », explique Mandy Schreuder, Responsable Business Development Diversité Europe chez Mercer. « Mais il y a le revers de la médaille : si les entreprises se concentrent sur le recrutement de femmes à des postes de haut niveau, il semblerait qu’elles n’y restent pas. Ce qui pourrait menacer leurs progrès en matière de diversité, à moins d’agir dès maintenant ».

Selon la porte-parole, « le risque est en effet que le nombre d’actifs ne soit plus suffisant pour soutenir la croissance économique. Il s’agit d’un véritable signal d’alarme. En raison du vieillissement de la population, les entreprises doivent non seulement veiller à ce que suffisamment de femmes montent les échelons, mais aussi à ce qu’elles soient assez nombreuses à tous niveaux ; c’est la condition sine qua non pour garantir que tous leurs efforts en termes de représentation au travail ne soient pas réduits à néant ».

Une stagnation similaire se dessine également aux Etats-Unis et au Canada. À l’heure actuelle, 39 % des fonctions cadre et supérieures sont occupées par des femmes. Selon les projections du rapport, cette proportion n’augmentera que de 1 % d’ici 2025, à moins que les entreprises prennent des mesures pour réduire les inégalités en matière d’embauche, d’évolution et de rétention des talents. Pour les fonctions de haut niveau, le pronostic est davantage optimiste puisque la proportion féminine devrait passer de 22 % en 2015 à 36 % en 2025. Ce progrès peut notamment s’expliquer par davantage d’équité dans l’évolution aux rangs de direction.

« À première vue, il semblerait que l’Europe et les États-Unis soient sur la bonne voie. Mais il y a une ombre au tableau. Bon nombre de sociétés ne s’assurent ni d’avoir de solides ressources féminines, ni de mettre en place des bonnes pratiques ou un environnement culturel propices à leur épanouissement professionnel. Il s’agit pourtant d’éléments fondamentaux pour couronner de succès une politique de la diversité en faveur d’une plus grande mixité », poursuit Mandy Schreuder.  

L’importance de l’implication, du bien-être et de la formation en matière de diversité

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Parmi les facteurs clés et les leviers d’un programme de diversité réussi selon l’étude Mercer, figurent :

  • une gestion d’équipe engagée sur le sujet et axé sur la diversité ;
  • des programmes éducatifs adaptés aux besoins spécifiques des femmes dans le domaine de la santé et des besoins financiers.

En termes d’engagement du management, l’étude montre que seulement 59 % des dirigeants et 37 % des hommes dans les entreprises européennes seraient activement impliqués dans des activités de diversité et d’inclusion.

En matière de formation, elles ne sont que 7 % à offrir des programmes dédiés à la « gestion financière au féminin » (retraite, investissements, …), et 17 % à sensibiliser leurs collaborateurs aux besoins spécifiques des différents sexes en matière de santé. L’étude Mercer montre pourtant bien que ces programmes aident les entreprises à recruter et à retenir les talents féminins.

« Si tout chef d’entreprise faisait de la diversité des genres  l’une de ses priorités, cela profiterait non seulement à sa croissance mais aussi au développement économique et social. Nous n’avons plus d’excuses. La mixité dans les entreprises et organisations contribue clairement à leur performance. Dans la lignée de la digitalisation de l’entreprise,  faisons de la gestion des talents féminins un enjeu majeur pour se développer efficacement ! », conclut Mandy Schreuder.

Le rapport préliminaire, publié en amont de la publication du rapport international prévu fin janvier 2016 lors du World Economic Forum à Davos, marque l’anniversaire du premier rapport When Women Thrive de 2014. Près de 600 entreprises et organisations ont pris part à l’étude, soit trois fois plus que lors de la première édition, représentant au total 3,2 millions d’actifs, dont 1,3 million de femmes (cf. Schéma 3). Le rapport préliminaire a été présenté à la conférence organisée par Mercer à Bruxelles en novembre dernier, avec des représentants de la diversité et des intervenants issus de grands groupes tels qu’Ericsson, Lufthansa Group, Shell, et UBS.

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