Entretien avec Julie Delaude et Aurélie Leclercq, fondatrices de Be Iconity

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ICONITY_Portraits“Mon armoire déborde mais je n’ai jamais rien à me mettre !” Ce constat récurrent a poussé Julie Delaude et Aurélie Leclercq à stopper leur carrière dans le conseil en organisation pour créer Iconity, une marketplace de location dédiée à la mode, accessible en ligne. Fans de mode et sensibles à l’économie collaborative, elles invitent les jeunes femmes branchées à partager leur dressing. L’intérêt est double : rentabiliser les pièces haut de gamme rarement portées en les mettant en location et accéder à un vaste choix de vêtements et d’accessoires proposés par des particuliers ou par les jeunes créateurs soutenus par Iconity.

Dans cette interview Julie et Aurélie nous expliquent leur idée de créer Iconity, les difficultés rencontrées lors de la création de leur société et nous donnent leurs conseils pour les femmes qui souhaitent créer leur entreprise.

TNW : Comment avez-vous eu l’idée de créer Iconity ? A quel moment avez-vous pris la décision de vous lancer dans l’aventure ? 

JD + AL : La mode m’a toujours inspirée. Un jour j’ai regardé mon armoire et je me suis dit qu’il serait une bonne idée de partager mes vêtements et de créer une marketplace de location dédiée à la mode. Pour ce faire, j’ai trouvé une associée qui avait la même idée de business. Malgré notre projet commun, nous n’avions pas la même manière de travailler. Nous ne sommes pas restées ensemble. Aurélie et moi nous nous connaissions déjà car nous travaillions ensemble chez Euro Consulting. Nous avons repris contact et nous avons décidé de démarrer le projet ensemble. Pour se lancer, nous avons suivi le programme de The Cantillon l’été. The Cantillon propose une formation en deux phases sur 4 jours et accompagne les entrepreneurs d’une simple idée vers un projet. The Cantillon nous permettait de développer notre projet et de travailler en même temps à côté. En ce qui concerne la méthode, nous n’étions pas d’accord sur tous les points, car c’est un programme assez rigide et masculin, mais cela nous donnait un rythme. C’est également bien pour élargir son réseau et faire partie de l’écosystème.

TNW : Qu’est-ce que vous avez appris au cours de la création de votre entreprise ?

JD + AL : Tout prend du temps. Même quand on croit que c’est facile, cela prend du temps. De plus, nous sommes obligés de tout faire par nous-mêmes, ce qui est très formateur. On apprend le métier sur le tas : les aspects légaux, la comptabilité, la technique. Un fondateur a besoin d’avoir une vision globale. Pour quelques aspects techniques, nous avons dû faire appel à un freelancer, pour créer le site web par exemple.

En ce qui concerne le concept d’Iconity, nous avons eu de bons retours de créateurs ce qui nous a donné la motivation pour continuer.

TNW : Quels sont les plus / les points forts de votre business? Quel est votre business model ?

JD + AL : C’est une nouvelle forme de consommation de la mode, un nouvel usage. Nous proposons une alternative : plus de variété, moins de stockage sans se sentir limité dans son choix.

ICONITY_business modelLe business modèle est simple : nous prenons une commission sur les transactions. Le paiement est en ligne sur notre site.

TNW : Comment avez-vous trouvé des fonds nécessaires ?

JD : Ce sont nos fonds propres pour l’instant. Nous allons commencer à chercher des investissements à la fin de l’année ou à partir de 2016.


TNW : Comment vous différenciez-vous par rapport à la concurrence?

JD + AL : Il y a pas mal de startups dans ce domaine qui ont été créés ces derniers 12 à 24 mois. Aujourd’hui il existe deux concurrents en France et à l’étranger. Notre concurrent direct est Rentez-Vous. Ils ont le même business modèle, mais leur approche n’est pas tout à fait la même. Rentez-Vous met en avant l’aspect économique du modèle tandis que Iconity se concentre plutôt sur la manière de consommer la mode. A San Francisco, il y a un autre concurrent qui s’appelle « Style Lend ». « Style Lend » a le même système de conciergerie mais ne met pas l’accent sur la consommation collaborative. De plus, ils ne font que de la garderobe.

TNW : Quels sont vos projets de développement en 2015 ?

JD + AL : Pour l’instant, Iconity est surtout connu à Paris. L’idée est de proposer nos services dans d’autres villes en France et en Europe. De plus, nous aimerions élargir et créer une offre pour enfants, hommes et femmes enceintes.

TNW : Quels sont vos conseils pour les femmes qui souhaitent créer leur entreprise? 

JD + AL : Oser ! La première barrière c’est la femme elle-même. Nous croyons que les femmes ont plus de chances de réussir, car naturellement elles réfléchissent beaucoup plus avant de se lancer. Ce qui est très important c’est de faire confiance en soi, de se dire qu’il n’y a rien à perdre et de se mettre en avant.

Si vous pensez vous lancer, nous vous conseillons d’assister aux sessions de Les 15 Ninjas pour avoir du conseil et pour faire son réseau. Nous vous conseillons également Saul Factory pour avoir une consultation gratuite sur plein de sujets différents : la comptabilité, le business, avocat.

TNW : Souhaitez-vous ajouter quelque chose? 

baniereJD + AL : Oui ! Venez à la Fashion et Tech Week durant la semaine de la mode à la Numa. Le but de la Paris Fashion & Tech Week est de construire la mode de demain. Les ponts entre l’écosystème startup et celui du prêt-à-porter sont de plus en plus forts. Nombreux sont les dirigeants qui passent du secteur de la mode à celui de la technologie. Grands groupes et startups commencent à sceller des alliances pour penser ensemble l’avenir de leur secteur. Cliquez ici pour voir le programme de la Fashion & Tech Week.